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La psychologie peut-elle réellement se penser sans l’apport de l’anthropologie ?

La psychologie aime souvent regarder l’individu :


ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ce qu’il fait.

Mais un être humain n’existe jamais seul.


Il grandit dans une famille, une culture, un système de règles, de places, de non-dits.

C’est précisément ce que l’anthropologie nous rappelle.

Claude Lévi-Strauss l’a montré : pour comprendre l’humain, il faut comprendre les structures dans lesquelles il vit.


Qui est à sa place, qui ne l’est pas, ce qui est permis, interdit, attendu.

Gregory Bateson, anthropologue de formation, est allé observer… des dauphins.


Il s’est intéressé à leur communication, à leurs interactions, à leurs jeux.


Ce qu’il a compris là-bas a changé notre manière de penser l’humain.

Le sens d’un comportement dépend toujours du contexte.


Un même geste peut être un jeu, une menace ou un appel, selon la relation et la situation.

C’est sur ces bases qu’est née l’école de Palo Alto :


le problème n’est pas “dans” la personne, mais dans les interactions répétées.


Le symptôme devient alors une réponse à un système, pas un défaut individuel.

En analyse transactionnelle : Eric Berne va dans le même sens.


Il montre comment chacun se construit à partir de messages reçus, de rôles transmis, de loyautés familiales.


Nos scénarios de vie ne tombent pas du ciel.


Ils sont appris.

Autrement dit, ce que l’on appelle un symptôme est souvent une adaptation intelligente à un contexte donné.

Et aujourd’hui, je m’interroge.

À l’heure où l’on voit des plaintes se multiplier contre un loup devenu végétarien,


où chacun se sent attaqué, persécuté, menacé, oublié en permanence,


j’ai l’impression que nous avons perdu la lecture des systèmes, du collectif.

Quand on ne comprend plus les contextes,


tout devient personnel, individuel.

Tout devient une agression.

Sans ce regard anthropologique, la psychologie risque de renforcer cette confusion,


en traitant individuellement ce qui est aussi collectif.

Alors la question reste ouverte :

Peut-on vraiment accompagner un individu sans regarder le monde qui l’a construit ?

C.GUIF


 
 
 

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